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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 12:12

Les aspirations d'un jeune cadre..... au RTA, finale du Challenge National des Raids - FRMN

C'est l'histoire d'un cadre qui a toujours voulu faire partie d'une finale des Raids, réputée pour son niveau élevé et jouer des coudes avec ses rivaux.

Tout va très vite. Les moments de vie s'enchaînent à vitesse grand V. Et il règne autour de moi une atmosphère frénétique.

Jeudi soir, concert de Patrice sur Dijon. Vendredi matin, entretien sur Lyon pour un poste de Direction. 4h plus tard, le costume vol en éclats et je revêts ma tenue de raider d'avant course.

Je trépigne en attendant mes deux coéquipiers, Greg et Yohann, sur le parking d'un Courtepaille, lieu de prédilection des VIP en col blanc.

Les voici enfin et il nous faut juste quelques minutes pour comprendre que le matos est sous-contrôle. Fort pour une équipe qui s'est constituée juste 3 jours avant cette rencontre. On se jauge, on s'inspecte, pour voir en nous le germe de la victoire. Non je plaisante. Il y a juste une excitation palpable. Je vous passe les détails du trajet. Pas un mot ne fuse, le stress sans doute, nous sommes déjà dans les single, c'est certain.... J'oubliais nos tergiversations sur le temps qu'il fera sur ces deux jours !

A peine arrivés, nous avons le sentiment d'être un peu short vis à vis du timing de l'organisation. Mais ça bouchonne sur les différents check-points pour le contrôle du matos obligatoire.

A près tant d'années à vivre ces événements, les visages sont connus. C'est un retour dans notre famille. Des sourires s'esquissent en prévision de ce qui va nous attendre.

A peine la logistique est elle réglée que nous enfilons nos habits de lumière orange et vert, estampillés Maxi-Race, pour un court prologue. Il suffit parfois de 20 minutes pour découvrir la quintessence de l'espèce humaine.

Vous placez une balise dans un parc à jeux d'enfants et vous prenez le soin de la surélever. Ensuite vous lâchez une meute de 270 coureurs et vous regardez. Mettre son doigt dans un boitier est vital pour nous raider, alors il faut savoir montrer les crocs, injurier, arracher, étouffer pour parvenir au graal. C'est aussi ça la compétition. Que nous sommes futiles !!

Mais revenons en à des aspects plus pragmatiques. Nous sommes dans le premier quart sur un peu moins de 90 équipes.

Samedi, c'est véritablement le départ de cette grande finale même si nous la parcourrons en Open. Le temps est maussade mais semble pouvoir tenir.

P1040019Une CO dans Le Cheylard, en guise de mise en bouche. Il est 11h. Quel bonheur de délier ses jambes, de sentir ces murs de vieilles pierre nous frôler le corps à la recherche de la meilleure courbe pour optimiser notre temps de parcours. A peine avalée, qu'un premier trail s'offre à nous. Il y a du monde partout dans la pampa et il faut même jouer au sanglier.

P1040041Le roller c'est ce qui nous fait patienter jusqu'à la section VTT. Greg, en tant qu'artiste du pas de patinage, oui, il aura préféré fouler l'asphalte de ses grolles plutôt que de chausser un patin à roulettes, nous montre le chemin lorsqu'il s'agit d'avaler une pente prononcée.

Nous nous jetons littéralement sur nos montures et d'entrée il faut pousser pour gravir quelques mètres de dénivelée en sous bois. Nous rejoignons un groupe en progression. Ca se taquine et c'est ensuite une longue montée monotone pour arriver à un col qui nous accueille dans le vent et la brume. C'est un peu violent comme arrêt mais l'esprit est déjà sur la section suivante pour un trail vertical. Au sommet, guère de surprise. Mais pourquoi sommes nous là au juste ? Il n'y a rien à voir, il y fait froid.... Allez pas le temps de cogiter, car il y a des portes horaires à respecter. Pas que nous soyons gourmands à prendre toutes les balises optionnelles, mais il est hors de question de se faire évincer du classement pour dépassement d'une porte horaire.

Ca caille toujours autant. Allez reprenons nos bikes pour un suivi d'itinéraire. Le début semble bidon. Oui c'est ça mais encore faut il savoir et pouvoir composer avec le brouillard de ce foutu plateau ! Nous sommes plus d'une dizaine à jardiner. A peine réaiguiller sur le bon chemin, qu'une descente dangereuse nous attend. Pied à terre et ça bouchonne à nouveau. Je reprends les choses en main. Ne pas rester dans ce gourbi, s'en extirper, arrêter de se suivre, sortir notre carte du jeu. Ok nous reprenons un bon rythme. Et là c'est une vision un peu surréaliste qui s'offre à nous. Il est 17h00, nous sommes en forêt. Elle beigne dans sa brume. Il est difficile de voir ce qui se passe devant. Des équipes sont arrêtées en chemin. Elles passent à côté dans une aura un peu irréelle, des spectres gérant des casses matériels, des arrêts dans la boue pour se réalimenter. Le vent souffle, nous pousse dans le dos, l'ambiance est toujours aussi humide. A nouveau une CO nous attend. Ne pas jouer avec le feu. Yohann prend la carte, bien décidé à nous faire comprendre qu'il ne faudra pas nous enflammer. Juste le temps de rafler trois maigres balises et nous voici repartir sur un road book de nuit. Là je découvre avec effroi, ok j'exagère, que Greg et Yohann n'ont pas de compteur. Je meurs d'envie de leur crier que ce sont des touristes mais nous sommes une équipe et je tiens plus que tout à préserver cette cohésion qui nous habite depuis le début du we. Greg est rassurant pour son calme et de Yohann se dégage une force physique que nous pourrons utiliser en cas de faiblesse des deux autres. Non je ne suis pas un calculateur. J'analyse juste en tant que pro du raid....

Tout va se jouer sur cette section. La porte horaire est à 21h30. Le brouillard est omniprésent. Nos frontales crachent leur halo lumineux et mon compteur met 4 secondes à chaque remise à zéro. Je frôle plusieurs fois l'hypoglycémie. Nous sommes chargés en bouffe et nous avons nos laisses. Donc zéro stress. ll y a du monde sur le terrain, trop à mon goût. Nous nous laissons peut être porter par un faux rythme. Au bilan, nous dépassons la porte horaire de 5 min. La mort dans l'âme, non exprimée, mais bien réel dans nos regards, nous enchaînons sur le dernier trail de la journée. Les conditions météo sont dantesques et l'envie n'est quasiment plus là. Fatigués, éreintés, il faut tout de même rallier l'arrivée avant minuit. Je me plonge et je m'immerge dans la carte pour nous ramener à bon port. C'est ma façon à moi d'oublier que je suis en vrac. Et je trouve même une extrême jubilation à voir que mon cerveau fonctionne plein pot. Cela me rebooste même si je n'ai plus aucune envie de courir. Il flotte. Encore un azimut dans les coupes de forêt, un Greg qui veut des chemins propres et nickel, et un Yohann qui disparaît de notre zone de vigilance un court instant dans une montée abrupte (je précise il est à la traîne), et vision magique, le gymnase de l'arrivée se présente à nous.

P1040050Succession de visages décomposés et de corps transis de froid. Les tentes montées par l'organisation sont boudées et chacun opte pour un minuscule espace vitale dans un gymnase hyper bondé. Le temps nous est compté car demain réveil à 3h20 pour un départ en masse à 4h30. La chaleur d'une soupe de lentilles nous apporte bonheur et réconfort. C'est comme si nous étions une horde de réfugiés, affaiblis par un long transfert, dans un milieu hostile...

Je vous passe les détails de la journée du Dimanche car cette finale aura été neutralisée dès 8h à cause d'une météo en grosse détérioration, impossible alors pour l'organisation de mettre sous contrôle la sécurité de ces heureux raiders.

Et Bravo l'organisation qui a su nous faire vibrer pendant de longues heures.

(Une seule déception tout de même, ne pas avoir eu le dossard 74. Oui bien sûr nous sommes chauvains en Haute Savoie.)

 

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Published by Team raid74
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